Communiqué de presse
T H E P I L L® a le plaisir de présenter la deuxième exposition personnelle de Nefeli Papadimouli à Paris, In the Folds of the World, Endlessly, du 6 juin au 18 juillet 2026. Réunissant un nouvel ensemble d’œuvres, l’exposition s’ouvre avec Endlessly, une performance conçue pour la Nuit Blanche.
Au cœur de l’exposition se déploie la nouvelle série de l’artiste, Folders — un ensemble évolutif de sculptures portables ou de peintures composées de textiles peints et de performances qui examine la fragmentation du corps humain et sa recomposition à travers un assemblage de parties interconnectées. Considérant notre présent catastrophique à la fois comme une archive corporelle et comme un point de départ, l’exposition interroge les frontières poreuses entre paysage et figure, organisme et environnement. S’inspirant des vocabulaires organiques de l’Art nouveau, Folders développe un langage de motifs géométriques abstraits issus de formes végétales et corporelles. La série explore la manière dont les corps, les communautés et les paysages traversent les crises, embrassent l’impermanence et imaginent des voies de réparation et de résilience.
À la croisée de la sculpture, de la peinture, du textile, de l’architecture et de la performance, Papadimouli rassemble de vastes paysages textiles peints et des assemblages sculpturaux qui fonctionnent simultanément comme surfaces picturales, abris, réceptacles corporels et extensions prothétiques. Ses sculptures opèrent comme des archives de l’expérience corporelle, préservant des fragments du corps humain tout en ouvrant de nouvelles possibilités de mouvement, d’interaction et de présence collective. Des fragments sculpturaux conçus pour différentes parties du corps sont maintenus ensemble par des articulations textiles qui lient, contraignent et régénèrent simultanément la figure humaine dans de nouvelles configurations. L’exposition ne cesse de changer d’échelle, passant du fragment de corps au corps collectif, puis au paysage. À travers ces déplacements, l’artiste explore les écosystèmes relationnels qui émergent lorsque les corps matériels rencontrent d’autres corps humains comme non humains et des environnements qui les entourent.
Au cours de la soirée de vernissage, les performeur·euses activent les textiles suspendus en se revêtant des paysages comme une seconde peau. Ce qui apparaît d’abord comme une image fixe subit progressivement une métamorphose radicale : la matière inerte devient épiderme vivant, le paysage se fait mouvement, tandis que le corps se dissout dans un environnement en perpétuelle transformation. La corporéité individuelle s’efface à mesure que le paysage émerge comme une présence collective incarnée, animée par la transformation continue des corps qui l’habitent. La performance envisage l’effondrement non comme une fin, mais comme une condition du renouvellement, où corps et paysages se dissolvent et se recomposent sans cesse dans de nouvelles formes d’existence collective. Dans cet espace de devenir perpétuel, In the Folds of the World, Endlessly imagine de nouvelles formes de coexistence fondées sur l’interdépendance, la résilience et la présence collective.
Nefeli Papadimouli (née à Athènes en 1988) développe une pratique qui traverse la performance, la sculpture, la photographie, le dessin, le design de costumes, l’image en mouvement et l’installation. Nourries autant par les avant-gardes architecturales et artistiques utopistes que par la danse contemporaine, ses sculptures modulaires, relationnelles et élastiques fonctionnent à la fois comme dispositifs de mise en mouvement collective et comme architectures d’assemblage. Son travail explore l’interdépendance des formes culturelles et naturelles tout en interrogeant la notion d’espace à travers sa relation au corps.Conçues comme des espaces de rencontre, ses œuvres radicalement inclusives traduisent une volonté d’engager les corps des performeur·euses et des spectateur·rices, humains comme non-humains, dans des gestes et des mouvements réciproques, au sein de contextes allant de l’espace muséal aux environnements urbains et naturels. Tels une seconde peau, ces costumes produisent autant qu’ils dissolvent les frontières du corps, individuel et collectif, opérant un déplacement du regard à la fois ludique et émancipateur. L’attention constante que l’artiste porte aux formes relationnelles et aux mouvements collectifs inscrit sa pratique dans une réflexion sur l’abstraction comme langage à la fois artistique et politique, tandis que son brouillage des frontières entre sculpture, dessin, photographie, formes vivantes et médiums de durée la rattache à l’héritage des avant-gardes historiques.
Diplômée de l’École d’architecture de l’Université polytechnique nationale d’Athènes puis titulaire d’un MFA de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Nefeli Papadimouli a reçu la bourse Artworks de la Fondation Stavros Niarchos (Grèce, 2018) ainsi que le Prix Dauphine pour l’art contemporain (France, 2019). Parmi ses expositions personnelles récentes figurent Garden of Commons, Le Grand Café (Saint Nazaire, 2026); The Calm That Keeps Us Awake, THE PILL (Paris, 2025) ; Parcours d’œuvres contemporaines, Musée des Beaux-Arts, CACN, Centre d’Art Contemporain et Carré d’Art (Nîmes, 2025) ; Étoiles partielles, commissariat Claire Le Restif, Le Crédac, Ivry-sur-Seine (France, 2023) ; Relational Cartographies, commissariat Keren Detton et Janny Devrient, Ter Posterie, Roeselare (Belgique, 2022) ; ainsi que Build the World of the You – ACTE, Le Concept, École d’Art du Calaisis, Calais (France, 2021). Son travail a également été présenté dans de nombreuses expositions collectives institutionnelles, parmi lesquelles Faire corps, Fondation Hermès, Tokyo (Japon, 2025) ; In A Bright Green Field, New Museum × Deste Foundation, Benaki Museum, Athènes (Grèce, 2025) ; Un été au Havre, commissariat de Gaël Charbau, Le Havre (France, 2025) ; How To Hold Your Breath, 9e Biennale d’art asiatique, Taïwan (2024) ; S’habiller en artiste. L’artiste et le vêtement, Musée du Louvre-Lens (France, 2025) ; Crossing The Water, 17e Biennale de Lyon (France, 2024) ; La Nuit venue, on y verra plus clair, commissariat Anna Milone, Centre culturel Jean Cocteau, Les Lilas (France, 2024) ; Être Forêts, Fondation MABA, Nogent-sur-Marne (France, 2024) ; Entre là, Casa Conti – Fondation Ange Leccia, Corse (France, 2023) ; Douze preuves d’amour, Révélations Emerige 2022, commissariat Gaël Charbau, Paris (France, 2022) ; Transmeare, commissariat Ida Soulard et Ulla von Brandenburg, FRAC Picardie, Amiens (France, 2022) ; Playground Festival, M Museum Leuven (Belgique, 2021) ; et Archipel – quatre résidences, mille expériences, commissariat Keren Detton, FRAC Grand Large, Dunkerque (France, 2021).