Communiqué de presse
T H E  P I L L® est heureuse de présenter la première exposition personnelle à Paris de l’artiste autrichien Gernot Wieland, du 24 avril au 30 mai 2026. Intitulée Minor Corrections, l’exposition fait suite à la première exposition monographique de l’artiste en France, Chants pour les Indésirables, récemment présentée au MAMC+ de Saint-Étienne. Elle s’accompagne du lancement de l’ouvrage éponyme, publié en partenariat avec JBE Éditions, à l’occasion d’une conversation suivie d’une séance de signature.
 
Minor Corrections s’articule autour de deux courts métrages, Family Constellation With A Fox (2025) et Bird in Italian is Uccello (2021), présentés avec un ensemble de dessins, peintures et céramiques étroitement liés aux films. Comme l’indique le titre, l’exposition met en avant les erreurs, omissions, glissements et corrections comme autant d’espaces où la puissance de l’inconscient peut être réactivée afin de déstabiliser les récits dominants liés à la famille, à l’éducation, à la vie sociale, à la santé mentale, ainsi qu’à l’histoire de la pensée et de l’art occidentaux.
 
Dans ses dessins et diagrammes, Gernot Wieland recourt souvent à des mots partiellement écrits ou volontairement mal orthographiés, barrés puis réécrits — parfois sous une forme modifiée, parfois dans une autre langue. L’erreur, le lapsus ou l’impulsion de se corriger deviennent ainsi des points d’accès à l’inconscient. Ces « fautes » et leurs tentatives de correction révèlent les structures de pouvoir sous-jacentes, notamment patriarcales, au moment même où leur internalisation échoue. La « correction mineure » devient alors une véritable stratégie artistique, déployée à travers le film, le dessin et la sculpture : un espace où les erreurs, les malentendus et les égarements sont mis au jour pour sonder les mécanismes de répression, tout en étant revendiqués comme des formes essentielles de créativité et d’humour.
 
Produite pour la 13e Biennale de Berlin, Family Constellation With A Fox se déploie à partir d’une conversation existentielle entre des employés d’un hôtel, qui glisse vers une rêverie nourrie de souvenirs d’enfance et de contes. Situé à l’intérieur du ventre d’une baleine, le film met en scène une thérapie de constellation familiale où le conditionnement normatif vacille, tandis que des figures telles que Karl Marx, Ingeborg Bachmann et Walter Benjamin accompagnent le protagoniste dans une déconstruction du soi et de l’Histoire.
 
Dans Bird in Italian is Uccello, le récit émerge également d’un état introspectif : le protagoniste observe un paysage défilant depuis la fenêtre d’une voiture, et médite sur le langage, l’image et la perception. Ce cadre contemplatif laisse place à un souvenir — celui de la mise en scène avortée, dans un hôpital psychiatrique du nord de l’Italie, du récit The Birds de Daphne du Maurier. Si le texte original présente les oiseaux migrateurs comme une menace pour l’humanité, l’adaptation théâtrale en inverse les rôles, transformant les protagonistes humains en oiseaux. Traversant des cadres imbriqués de vérité et de fiction — littérature, scène de théâtre, hôpital, fenêtre de voiture — le film déstabilise les récits dominants en plaçant au premier plan le processus de répétition, privilégiant l’inachèvement à la résolution.
 
Les sculptures en céramique, dessins et peintures qui peuplent les films sont également présentés dans l’espace d’exposition, offrant plusieurs points d’entrée dans la pratique de Gernot Wieland. S’y croisent souvenirs d’enfance, figures de la pensée occidentale et de l’histoire de l’art, animaux, contes et éducation religieuse, dans une approche à la fois analytique et teintée d’humour qui déstabilise les institutions de pouvoir, allant de la famille à l’école, de l’Église au Musée.
 
Né en 1968 à Horn (Autriche), Gernot Wieland est un artiste et cinéaste. Son travail se déploie à travers des courts métrages, dessins, photographies, installations et conférences performées. Ses récits, construits à partir d’associations d’images et de langage souvent idiosyncratiques et teintées d’absurde, mêlent éléments autobiographiques et fictionnels au sein d’espaces poétiques et oniriques. Il y développe un univers singulier et profondément émotionnel, dans lequel les souvenirs oscillent entre vérité et fiction. Ses narrations à la première personne tissent des liens entre l’intime et le politique, évoluant progressivement vers une analyse, empreinte d’humour, des normes sociales et des dynamiques de répression.
 
Parmi ses expositions personnelles récentes figurent : Gernot Wieland: Landscapes, Phileas, Vienne (Autriche, 2026) ; Songs for the Unwanted, MAMC+ – Musée d’Art Moderne et Contemporain, Saint-Étienne (France) ; You do not leave traces of your presence, just of your acts, Künstler:innenhaus Bremen (Allemagne, 2024) ; Square, Circle, Square, Argos centre for audiovisual arts, Bruxelles (Belgique, 2023) ; Halb Nackt, Belmacz, Londres (Royaume-Uni, 2023) ; Turtleneck Phantasies, Kindl – Centre for Contemporary Art – M1 VideoSpace, Berlin (Allemagne, 2022) ; Kunst Halle Sankt Gallen (Suisse, 2020) ; Salzburger Kunstverein (Autriche, 2020). Il a également participé à des expositions collectives dans des institutions telles que la 13e Biennale de Berlin, KW Institute for Contemporary Art (Berlin, 2025) ; Torrance Art Museum (Los Angeles, 2022) ; SCCA – Center for Contemporary Art Ljubljana (Slovénie, 2022) ; Kunstmuseum Bonn (Allemagne, 2021) ; Hong-Gah Museum, Taipei (Taïwan, 2020) ; BIENALSUR – Biennale internationale d’art contemporain d’Amérique du Sud, Buenos Aires (Argentine, 2021) ; Centre d’art Pasquart, Biel/Bienne (Suisse, 2018) ; Kasseler Kunstverein, Kassel (Allemagne, 2018) ; Latvian Center for Contemporary Art, Riga (Lettonie, 2017) ; 9e Biennale de sculpture norvégienne, Musée Vigeland, Oslo (Norvège, 2017) ; Musée du château des ducs de Wurtemberg, Montbéliard (France, 2016). En 2026, son travail a fait l’objet d’une publication monographique réalisée en partenariat avec le MAMC+ – Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, JBE Éditions et THE PILL. Il est également présent dans Vitamin V: Video and the Moving Image in Contemporary Art (Phaidon, 2025).
 
L’exposition Minor Corrections bénéficie du soutien du Forum culturel autrichien à Paris.
 
Vues de l'exposition
Œuvres